Fair Trade Town Glaris Nord – solidarité rime aussi avec sécurité

13. février 2017

Glaris Nord est devenue, il y a un peu plus d’un an, la première commune suisse à recevoir la distinction Fair Trade Town. Pour Martin Laupper (PLR), président de la commune, cet engagement est plus que jamais crucial : jamais il n’a été aussi important de s’investir pour un monde juste et solidaire.

S’informer quotidiennement sur les enjeux mondiaux fait partie de son travail. Pourtant, c’est précisément cette actualité qui le préoccupe : comment agir, en tant que citoyen·ne et collectivité, face à la pauvreté, à l’oppression et à l’extrémisme ?
Pour cet élu libéral, la réponse est claire : la solidarité est non seulement une obligation morale, mais aussi un intérêt personnel. « Un monde juste est le fondement d’un monde sûr. »

La commune de Glaris Nord a fait un premier pas fort en obtenant la distinction Fair Trade Town sous l’impulsion de son président Martin Laupper. Cette distinction certifie son engagement exemplaire en faveur du commerce équitable.
Pour décrocher cette distinction, la commune devait satisfaire plusieurs critères : un nombre défini de commerces de détail, restaurants, écoles, associations et entreprises devaient proposer ou consommer des produits issus du commerce équitable.
De plus, la commune devait s’engager publiquement, créer un groupe de travail local et sensibiliser toute la population à ces enjeux.

Au-delà du symbole : un véritable changement de culture

Martin Laupper a été le moteur de cette initiative, allant à la rencontre des entreprises pour les convaincre de soutenir la démarche. La fusion en 2011 de huit villages pour former Glaris Nord a facilité cette dynamique : « Cette candidature a contribué à forger notre identité commune », affirme-t-il. « Aujourd’hui, nombre de citoyen·ne·s sont fier·e·s que nous soyons la première commune équitable en Suisse. »

Depuis février 2016, date de l’obtention de la distinction, la gestion communale a profondément évolué. « Il ne s’agit pas seulement du choix de notre café », explique Laupper. « C’est un véritable changement de mentalité qui s’opère. Le commerce équitable influence la culture locale et modifie notre façon d’interagir. »

Cela se traduit notamment dans les appels d’offres publics, où le prix n’est plus l’unique critère. Le règlement actuel prévoit que 30 % des critères concernent désormais des facteurs qualitatifs, comme le commerce équitable.
Par exemple : « Pour un projet routier, nous ne sommes plus contraints d’acheter le gravier le moins cher venu de Chine. Nous pouvons privilégier une entreprise qui investit dans la formation d’apprenti·e·s. Un choix bénéfique pour toutes et tous. »

Le nouveau slogan de la commune pour 2017, « équitable et fiable », reflète cette évolution des mentalités.

Un impact qui dépasse la taille de la commune

Certains critiques estiment que le commerce équitable produit peu d’effets dans les petites communes. Pour Reto Cossalter, dirigeant de la PME Glit, située dans le village d’Obstalden (400 habitant·e·s), cette idée est erronée. Il propose désormais à ses collaborateur·rice·s du café et du chocolat équitables pendant leurs pauses. « En tant que petite entreprise, nos moyens sont limités, c’est vrai, reconnaît-il, mais la sensibilisation est fondamentale. » Grâce à son engagement, le magasin local a pu intégrer avec succès des produits équitables dans son assortiment.

De même, Fritz Schlitter, responsable des achats chez Eternit à Niederurnen, a introduit plusieurs produits équitables dans le restaurant d’entreprise : jus de fruits, barres chocolatées et, bien sûr, café. « Ces produits rencontrent un bel accueil auprès des employé·e·s », précise Schlitter. « Pour certain·e·s, c’est une première rencontre consciente avec le commerce équitable, ce qui aide à lever les préjugés. »

Un levier pour renforcer l’identité économique locale

À Filzbach, surplombant le lac de Walenstadt, se trouve l’hôtel de séminaire Linh, fondé en 1929. Ancien foyer pour les familles de personnes alcooliques, il emploie aujourd’hui plus de 40 personnes en situation de handicap.

« La durabilité et l’humanité sont au cœur de notre culture d’entreprise », explique le directeur Urs Brotschi. « Il était évident que nous participions à cette démarche. » Les coûts supplémentaires sont marginaux : « Nous privilégions les produits biologiques et locaux. Les importations, limitées, sont préférentiellement des produits Fairtrade. » Cette auto-exigence modifie aussi les pratiques d’achat : « Depuis notre participation à Fair Trade Town, nous sommes encore plus attentifs à nos choix d’achats. »

Pour Urs Brotschi, les bénéfices sont clairs : dans un secteur hôtelier très concurrentiel, il est essentiel de se démarquer. « Pour une clientèle ciblée, l’engagement en faveur de la durabilité et du commerce équitable est un atout qui peut attirer de nouveaux client·e·s. La solidarité devient aussi une forme de sécurité économique. »